Témoignage de Sharon Kanhai

Âge : 32 ans
Personne diabétique depuis septembre 1991
Personne atteinte de rétinopathie diabétique depuis avril 1996

Son récit

Lorsque Sharon Kanhai a appris à l’âge de 11 ans qu’elle était atteinte de diabète juvénile, cela ne l’a pas empêchée de vivre toutes les importantes étapes qui mènent à la vie adulte, comme les études secondaires, le bal des finissants, les études collégiales et l’obtention d’un premier emploi. Ce n’est que bien plus tard que le diabète a changé sa vie de façon dramatique.

Pendant son adolescence et au cours des premières années de la vingtaine, Sharon Kanhai a fait de son mieux pour contrôler son diabète. Consciente des complications de la maladie, elle ne croyait toutefois pas que celles-ci l’affecteraient au début de sa vie adulte.

« Je savais que la perte de vision était une complication du diabète, mais je croyais vraiment que si je devais perdre la vue, ce serait lorsque j’aurais plus de 60 ans », raconte-t-elle.

Tout a commencé un jour de 2005, alors que Sharon Kanhai n’avait que 25 ans. Elle revenait d’une longue journée de travail et avait décidé de se mettre à l’ordinateur pour lire ses courriels.

« Tout à coup, j’ai vu un flash lumineux et j’ai eu l’impression que quelqu’un avait collé un gros rond noir au milieu de mon œil droit. »

Croyant qu’il s’agissait d’un corps flottant qui disparaîtrait après une période de repos, Sharon Kanhai s’est couchée. Mais le lendemain matin, le gros rond noir était toujours là.

C’est lors de sa visite chez le spécialiste de la vue qu’elle a appris qu’elle était atteinte de rétinopathie diabétique des suites de son diabète.

« Je lui ai demandé si j’allais devenir aveugle. Il a dit “Non”, mais il a précisé que je devais me faire opérer », dit-elle.

Trois mois plus tard, après trois chirurgies infructueuses, Sharon Kanhai ne voyait presque plus. On lui a dit qu’elle avait subi un décollement de la rétine et que plus rien ne pouvait être fait.

« J’étais atterrée. Je me souviens de m’être dit : “Qu’est-ce que je vais faire maintenant? Comment est-ce que je vais travailler et vivre?” Imaginez la situation. Vous avez 25 ans, vous pensez que vous êtes à l’apogée de votre vie active et vous perdez la vue. Je venais de frapper un mur. »

Heureusement, Sharon Kanhai a été dirigée vers INCA où on a répondu à toutes ses questions.

Elle a acquis à INCA les habiletés dont elle avait besoin pour vivre en toute autonomie. Elle a appris le braille, la préparation des repas, les soins personnels et le maniement de la canne blanche afin de pouvoir se déplacer seule en toute sécurité. 

Ces apprentissages lui ont donné la confiance requise pour s’inscrire au George Brown College à temps plein. Ayant obtenu un diplôme en service social en 2011, Sharon Kanhai fait maintenant du bénévolat à INCA et aide d’autres personnes à s’adapter à la perte de vision.

« Après plusieurs mois d’incertitude, je suis maintenant convaincue que l’avenir est prometteur. »


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    Mon plus grand défi

    « Je crois que mon plus grand défi consiste à faire en sorte que les gens comprennent qu’il y a une vie après la perte de vision. [Un autre défi consiste à] penser qu’il faut toujours se défendre et prouver qu’on est capable de faire les choses par soi-même et qu’on peut vivre de manière autonome même avec une perte de vision. »

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    Mon plus grand atout

    « Ma famille, mes amis et, bien sûr, l’espoir! L’espoir est une chose que personne ne pourra jamais m’enlever. »

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    L’aide d’INCA

    « Grâce à INCA, j’ai rencontré d’autres personnes qui vivaient la même chose que moi. Les groupes d’entraide m’ont aidée à mieux faire face à la perte de vision; ils m’ont appris la détermination et le sens de la camaraderie. En plus d’acquérir les habiletés dont j’avais besoin pour vivre seule, INCA m’a donné de l’espoir et une deuxième chance dans la vie. »

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    Le conseil que je vous donne

    « La principale chose dont il faut se rappeler c’est qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie. Et peu importe ce qui survient, on peut surmonter tous les obstacles. Il ne faut jamais désespérer. »