Prendre la décision d’arrêter de conduire  

Alors que Ken Wade, 84 ans, circulait à Dryden (Ontario) par un bel après-midi du printemps 2008, il a constaté qu’il ne voyait plus très bien les feux de circulation qu’il avait croisés des milliers de fois auparavant. Un terrible sentiment d’étonnement s’est alors emparé de lui, accompagné de tristesse et de résignation. M. Wade savait que même s’il avait conduit prudemment toute sa vie, il commençait à devenir dangereux au volant.
 
Tout comme M. Wade, des milliers de Canadiens plus âgés doivent faire face à l’éventualité de cesser de conduire. Il ne s’agit pas d’une décision facile à prendre. Conduire un véhicule et se déplacer en toute autonomie constitue une nécessité pour bien des gens et la conduite automobile suscite souvent des sentiments d’autonomie, de confiance en soi et de liberté. Dans de plus petites localités, les déplacements en automobile sont souvent la seule façon de se rendre au travail, à l’école et même au supermarché.
 
Malheureusement, à une certaine époque de notre vie, nos yeux ne peuvent plus répondre aux exigences de la conduite automobile, et ce, en raison du processus normal de vieillissement ou d’une maladie oculaire liée à l’âge. Cela nous met, et met les autres, devant un risque élevé d’importants accidents de la route. Peu importe la difficulté qui accompagne la décision de cesser de conduire, si vous commencez à perdre la vue et que vous croyez être devenu un danger sur les routes, vous ne pouvez pas demeurer dans un état de déni.
 
La décision de cesser de conduire a eu de lourdes conséquences pour M. Wade qui conduisait depuis 63 ans. Un an auparavant, on lui avait annoncé qu’il était atteint de DMLA de type sec. Il savait que la détérioration progressive de sa vision changerait sa vie, mais il ne savait pas comment et dans quelle mesure. Ayant été bénévole toute sa vie, M. Wade avait passé énormément de temps en voiture. « J’avais l’habitude de conduire des personnes atteintes de cancer à leurs divers rendez-vous. À une occasion, j’ai même conduit de Huntsville à Toronto aller-retour en une même journée. La conduite automobile a toujours fait partie de ma routine quotidienne, » indique-t-il.
 
Mais lorsque M. Wade a parlé à son spécialiste de la vue de sa décision de cesser de conduire, ce dernier lui a dit que, légalement, il voyait assez pour conduire. « J’ai été surpris d’apprendre que je pouvais encore conduire, mais pour être bien franc, je crois que la conduite automobile n’est plus une option pour moi. J’ai même essayé de vendre mon auto à mon spécialiste de la vue! »

Cesser ou ne pas cesser

Si vous êtes un conducteur âgé et que vous ne savez pas si le temps est venu pour vous de cesser de conduire, voici quelques questions élaborées par Lighthouse International qui vous aideront à prendre votre décision :  
  • Photo en couleur d’un conducteur plus âgé au volantAvez-vous été impliqué dans un ou plusieurs accidents d’automobile?
  • Avez-vous de la difficulté à distinguer clairement les voitures lorsque vous conduisez, à utiliser les rétroviseurs, etc.?
  • Avez-vous déjà reçu une ou des contraventions pour infraction aux règlements de la circulation?
  • Vous égarez-vous plus souvent qu’auparavant?
  • Vous arrive-t-il de ne pas arrêter aux panneaux d’arrêt ou aux feux rouges, de rater des sorties ou de ne pas céder le passage?
  • Conduisez-vous trop lentement, de sorte que les autres conducteurs doivent klaxonner souvent?
  • Vous sentez-vous confus, accablé ou craintif lorsque vous conduisez?
  • Avez-vous de la difficulté à conduire prudemment en tout temps, le jour et la nuit, que le temps soit ensoleillé ou couvert?
Si vous avez répondu « oui » à l’une ou l’autre de ces questions, la situation est sérieuse. Il pourrait être intéressant pour vous de discuter avec votre spécialiste de la vue, un membre de votre famille ou un ami de la décision de cesser de conduire. Si vous savez que vous devriez cesser, il vaudrait mieux le faire dès maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
 
Si vous croyez pouvoir continuer à conduire, mais que vous désirez obtenir quelques conseils de sécurité, consultez les suggestions pour conducteurs plus âgés présentées ici.

J’ai remis mes clés. Qu’advient-il maintenant?

Le fait d’arrêter de conduire n’est pas obligatoirement signe de perte de liberté et d’autonomie. Cela peut aussi présenter certains avantages.
 
Par exemple, vous pourrez enfin dire adieu au facteur de stress associé à la conduite automobile, et ne plus vous soucier de la sécurité sur les routes, de la sécurité des autres et de ne pas voir la route distinctement en certaines périodes de la journée. Vous pourrez aussi être heureux de ne plus avoir à faire face aux hausses du prix du carburant, des frais de stationnement, des droits d’immatriculation, des examens de conduite, des coûts de l’assurance et des coûts d’entretien de votre automobile.
 
De nombreuses options de transport s’offrent à vous si vous vivez avec une perte de vision. Par exemple, si vous êtes aveugle selon la loi et que vous tirez avantage des services d’INCA, la carte d’identité émise par INCA vous permet d’obtenir des rabais et même de voyager gratuitement à bord de la plupart des services de transport public, ainsi qu’à bord de Via Rail. Certaines agences sans but lucratif ont des chauffeurs bénévoles qui peuvent vous transporter du point A au point B, ce qui est fort pratique lorsque vos parents et amis ne sont pas libres. Vous pouvez aussi communiquer avec INCA pour apprendre de nouvelles techniques qui vous aideront à vous déplacer en toute autonomie dans votre quartier.

Aller de l’avant

Aujourd’hui, M. Wade fait appel à sa fille, à son gendre et à ses petits-enfants lorsqu’il a besoin de se déplacer ou il marche si l’endroit où il se rend est assez près. Malgré le fait qu’il soit aux prises avec les déchirements affectifs qui accompagnent un diagnostic de perte de vision, il conserve une attitude positive et est déterminé à poursuivre son existence en vivant pleinement.
 
Il y a maintenant quelques mois que M. Wade a pris cette difficile décision, et il est heureux de savoir qu’il a cessé de conduire au bon moment. « J’ai toujours eu un bon dossier de conduite et je ne voulais certainement pas avoir un accident maintenant, » affirme-t-il. « En fin de compte, il y va de votre sécurité et de celle d’autrui. »
 
Se familiariser avec les services de soutien en matière de vision tels que ceux qui sont offerts à INCA, dès les premières étapes de la perte de vision, peut vous aider à vous y adapter plus facilement. Vous pouvez aussi communiquer avec INCA en tout temps pour obtenir de plus amples renseignements sur la santé visuelle et la prévention des maladies oculaires.
 
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