Betty Sobkowich

Depuis 18 ans, Betty Sobkowich, 82 ans, et son mari Victor dirigent un groupe de danse sociale au Centre INCA de Winnipeg (Manitoba). Dansant au son de Tommy Dorsey et de Glenn Miller, Mme Sobkowich démontre une forme exceptionnelle, prouvant de ce fait que ce n’est pas parce que vous vivez avec une perte de vision que vous ne pouvez pas « swigner ».
 
Mme Sobkowich a découvert les premiers signes de perte de vision en 1990. Environ une année plus tard, sa vision s’étant alors détériorée, elle s’est rendue à INCA pour obtenir de l’aide. C’est alors qu’un membre du personnel a découvert sa passion pour la danse et lui a demandé si elle accepterait de partager ce loisir avec d’autres personnes.
 
« J’ai toujours dansé avec Victor dans différentes légions », indique Mme Sobkowich. Elle a rencontré Victor après la Deuxième Guerre mondiale et ils se sont mariés en 1949. Quelques années plus tard, ils ont commencé à faire de la danse folklorique et, en 1968, ils ont contribué à la fondation d’un club de danse sociale qui compte aujourd’hui 200 membres. « Nous sommes probablement les plus âgés du groupe », dit Mme Sobkowich. « Il existe 10 niveaux, et parce que nous avons été membres de ce groupe depuis si longtemps, nous sommes près des niveaux supérieurs. »
 
Lorsqu’on lui a demandé d’aider à former un groupe à INCA, elle n’a pas hésité une seconde. La danse est une activité que M. et Mme Sobkowich ont toujours partagée et Mme Sobkowich savait que, malgré la perte de vision, Victor et elle continueraient toujours à danser. Elle a donc dit oui immédiatement. Peu de temps après, la troupe de danse d’INCA voyait le jour.
 
« Au départ, le groupe était constitué de cinq dames âgées de plus de 80 ans », affirme Mme Sobkowich. « Victor dansait alors avec l’une d’elles et je dansais avec une autre. Nous avons graduellement inscrit plus de danseurs. »

Une expérience émouvante

La troupe de danse d’INCA à Winnipeg regroupe maintenant plus de 24 personnes par une bonne journée.
 
La troupe avait l’habitude d’attirer des participants plus âgés, mais ces jours-ci elle semble susciter l’intérêt d’une toute nouvelle génération qui vient apprendre à danser pour la première fois. La plupart des participants sont dans la trentaine, la quarantaine et la cinquantaine et il y a habituellement autant d’hommes que de femmes (« et même quelquefois plus d’hommes que de femmes », certifie en riant Mme Sobkowich, « ce qui est fort différent de ce à quoi nous sommes habitués. »). Certaines personnes vivent avec une perte de vision, alors que d’autres qui voient bien accompagnent leurs conjoints qui eux bénéficient des services d’INCA.
 
Le groupe se réunit en après-midi tous les deuxièmes lundis du mois. Les participants commencent par une séance de danse et finissent par une discussion en prenant un café. C’est l’aspect social du groupe qui attire les gens encore et encore.
 
« Certaines personnes sont très seules et vulnérables, elles avaient tout au moins l’habitude de l’être », soutient Mme Sobkowich. « La danse signifie tant pour elles et il est important pour moi d’aider les personnes qui sont dans la même situation que moi. »
 
Mme Sobkowich a aussi constaté que de nombreux membres participent à un plus grand nombre d’activités après avoir commencé à danser. « Certains participants se sont même inscrits à d’autres groupes », déclare-t-elle. « INCA organise un groupe de marche, un groupe de discussion, etc. et certains des participants se sont joints à ces autres groupes. »

La musique, un élément rassembleur

En plus de se réunir pour l’aspect social de l’activité, la musique constitue un élément rassembleur. « De nombreuses personnes viennent pour entendre ce que nous faisons jouer et vibrer aux sons des grands orchestres », raconte Mme Sobkowich. « Une dame aime la polka, alors nous en faisons jouer chaque fois. Elle se lève alors et danse merveilleusement. Nous tentons de faire plaisir à tout le monde. »
 
La troupe possède un très bon dossier de jumelage et certains de ses membres sont devenus des partenaires de vie en plus d’être des partenaires sur le plancher de danse.
 
« Certains des participants se sont rencontrés ici et ont commencé à sortir ensemble », raconte Mme Sobkowich. « Un couple s’est même marié après s’être rencontré au club. Certains des hommes se font même accompagner d’une amie. »
 
La troupe de danse d’INCA a donné plusieurs spectacles dans des centres hospitaliers de soins de longue durée de Winnipeg. C’est leur façon de partager avec d’autres cette passion pour la musique et pour la danse de l’ère du swing.

Vous croyez pouvoir danser?

Quels sont les défis associés à la danse en couple lorsque vous vivez avec une perte de vision?
 
« Ce n’est pas trop difficile lorsqu’il s’agit de la valse ou du fox-trot », déclare Mme Sobkowich. « Vous leur apprenez les pas et ils s’améliorent. Nous jumelons habituellement une personne qui voit avec une personne qui ne voit pas. Lorsque le monsieur ne possède aucune vision, la feMme guide. »
 
La fille d’un des membres du groupe a annoncé son mariage et le père de la mariée ne possédait aucune vision résiduelle. « Nous lui avons appris », déclare Mme Sobkowich. « Lorsque le mariage a eu lieu, il a dansé avec sa fille et elle était très agréablement surprise. »

Apprentissage de toute une vie

Victor et Betty Sobkowich célébreront leur 60e anniversaire de mariage en mars 2009. Cela signifie que depuis 2008 ils célèbrent 60 ans de danse ensemble.
 
Pendant près du tiers de leurs années de danse, Betty Sobkowich a vécu avec une perte de vision liée à la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Et maintenant, Victor, âgé de 85 ans, a développé certains des signes de la maladie.
 
Mais cela ne les arrêtera certainement pas. Ils marchent beaucoup, voyagent régulièrement, jouent au bridge, s’assurent de bien manger et sont extrêmement occupés avec leurs trois enfants, leurs huit petits-enfants et leurs huit petits petits-enfants.
 
Photo en couleur de Victor et Betty Sobkowich sur la piste de danseEt ils dansent et dansent encore.
 
« Lorsque nous nous rendons chez nos médecins, ces derniers nous disent toujours : “Est-ce que vous dansez encore?” raconte Mme Sobkowich fièrement. « Lorsque nous leur disons oui, ils nous disent de ne pas arrêter, car c’est là un très bon exercice. »

Aidez-nous à transformer des vies

De temps à autre, nous faisons appel aux Canadiens pour obtenir des dons qui permettront à INCA d’aider les personnes vivant avec une perte de vision à obtenir les services et le soutien nécessaires à une qualité de vie satisfaisante. S.V.P., donnez généreusement
 
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