Perte de vision et productivité : une nouvelle étude menée par INCA met en lumière certains problèmes liés à l’emploi

Nous savons tous que la qualité de vie des Canadiens vivant avec une perte de vision peut être ébranlée. C’est le coût « humain » de la perte de vision. La cécité et la perte de vision peuvent en effet avoir d’importantes conséquences sur le travail, le revenu, l’estime de soi, les relations familiales, la conduite automobile, les loisirs, l’implication communautaire et les activités quotidiennes.
 
Mais qu’en est-il du coût financier de la perte de vision? Une nouvelle étude intitulée Le coût de la perte de vision, publiée en juin 2009 par INCA et la Société canadienne d’ophtalmologie, répond à cette question. L’étude quantifie aussi l’obstacle que doivent surmonter les Canadiens ayant une perte de vision lorsqu’il s’agit d’emploi, et les conséquences exceptionnelles qu’a sur le Canada cet important potentiel perdu.

Fardeau inexcusable

Cette étude révèle que la perte de vision coûte chaque année aux Canadiens 15,8 milliards de dollars et que 4,4 milliards de cette somme proviennent de la productivité perdue en raison du sous-emploi ou du chômage (ce que les Canadiens vivant avec une perte de vision seraient en mesure de contribuer à notre économie s’ils étaient capables d’y participer pleinement). Qui en paie la note? Nous tous, les contribuables (par le truchement des gouvernements fédéral, provinciaux ou territoriaux), les employeurs, les personnes vivant avec une perte de vision et leurs parents et amis. Nous partageons tous cet important fardeau financier.
 
Un des plus importants facteurs du coût de la productivité perdue est le taux extrêmement bas d’emploi des Canadiens aveugles ou vivant avec une perte de vision, soit 32 %. L’étude démontre qu’il s’agit là d’un taux d’emploi beaucoup plus bas que celui des Canadiens handicapés en général.
 
En dépit du fait que la plupart des Canadiens vivant avec une perte de vision possèdent un niveau d’éducation supérieur à celui des autres Canadiens, nombreux sont ceux qui doivent surmonter d’importants obstacles pour obtenir un emploi, et ce surtout sur le plan des attitudes. Ces personnes font donc face au chômage ou au sous-emploi, mais elles peuvent aussi être obligées d’occuper des postes à temps partiel, des postes saisonniers ou des postes contractuels. Un diagnostic de perte de vision à l’âge adulte peut aussi avoir une incidence dévastatrice sur la carrière d’un individu.
 
« Il est inacceptable d’avoir une population minoritaire de Canadiens chez qui le taux d’emploi est aussi faible que chez les personnes vivant avec une perte de vision : 32 %. Le fait qu’autant de ces personnes vivent sous le seuil de la pauvreté est un scandale national. Nous devons établir, à l’échelle du pays, une stratégie d’emploi et des programmes de mesures d’adaptation au travail pour mieux soutenir les Canadiens vivant avec une perte de vision, qui ne veulent rien de plus qu’une chance d’avoir un travail valorisant et l’occasion de contribuer, par leurs talents, à l’économie canadienne. Les gouvernements et les employeurs doivent faire leur part. »
- Tiré de « Le prix à payer : ce que nous coûte la perte de vision et comment nous devons y réagir »
Cette étude révèle aussi les points suivants :
  • Le coût exorbitant de la perte de vision, soit 15,8 milliards de dollars, représente 1,19 % du PIB du Canada.
  • Toutes les 12 minutes, au Canada, une personne est atteinte de cécité ou de perte de vision.
  • Près de 75 % des cas de perte de vision au Canada peuvent être évités par la prévention et le traitement.
  • La perte de vision représente les coûts de santé directs les plus élevés de toutes les catégories de maladie au Canada et ces coûts sont plus élevés que le diabète, tous les types de cancer et la maladie cardiovasculaire.
  • Si nous n’agissons pas rapidement, le coût de la perte de vision augmentera rapidement au cours des années à venir.
  • Il existe de nombreuses façons rentables et éprouvées de réduire le fardeau financier et humain associé à la perte de vision, que ce soit par la prévention, le traitement, les mesures d’adaptation ou la réadaptation.

Appel à l’action lancé par INCA

INCA a publié un document de politique en réponse au rapport intitulé Le coût de la perte de vision qui s’intitule : Le prix à payer : ce que nous coûte la perte de vision et comment nous devons y réagir. Ce document renferme des recommandations précises à l’intention des administrations publiques, des employeurs et de tous les Canadiens pour régler la crise associée à la perte de vision. Certaines de ces recommandations ont trait à l’emploi.
 
INCA croit que la meilleure façon de régler le fardeau humain et financier de la perte de vision au Canada consiste à créer un plan national de santé visuelle. En 2003, le gouvernement du Canada s’est engagé auprès de l’Organisation mondiale de la santé à concevoir un tel plan avant 2007. À ce jour, aucun plan n’existe au Canada, même si de nombreux autres pays possèdent déjà le leur.
 
INCA invite donc le gouvernement fédéral à respecter ses engagements et à concevoir un plan de santé visuelle en vue de régler cette crise dès que possible, tout comme il l’a fait relativement à d’autres problèmes de santé comme le tabagisme et le diabète.
 
« Le gouvernement du Canada doit implanter un plan détaillé de santé visuelle dès aujourd’hui. Chaque année d’attente coûte aux Canadiens 15,8 milliards de dollars. Par ailleurs pendant chacune de ces années d’attente, 45 000 Canadiens perdent la vue. »
–John M. Rafferty, président et chef de la direction d’INCA

À propos de l’étude

Le rapport intitulé Le coût de la perte de vision a été réalisé par un cabinet de consultants indépendants qui a mené des études similaires en Australie et aux États-Unis et à qui INCA a fourni des recherches supplémentaires et un cadre plus approfondi. Utilisant une méthodologie conservatrice basée sur la prévalence, l’étude se fonde sur des données et des recherches sérieuses menées au Canada. Elle prend aussi en compte le multiculturalisme et les tendances démographiques canadiennes. Lorsque possible, elle utilise des coûts bien connus, reflétant ainsi de manière précise les dépenses canadiennes et les politiques gouvernementales. Le résultat de cette étude constitue le plus important groupe de données réunies à ce jour sur le sujet au Canada.

Lecture plus approfondie

Pour obtenir de plus amples renseignements, y compris les recommandations émises par INCA relativement à un plan national en matière de vision, consultez inca.ca/cpv.
 
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