Les mystères du glaucome révélés dans une étude pionnière subventionnée par INCA

Soixante-sept millions de personnes à travers le monde, dont 250 000 Canadiens, sont atteintes de glaucome à angle ouvert. Une étude subventionnée par INCA a contribué à accroître les connaissances que nous possédons de cette maladie dévastatrice.

L’étude canadienne sur le glaucome, récemment dévoilée dans le cadre de la conférence de la Société canadienne d’ophtalmologie qui s’est tenue à Montréal, présente, pour la première fois, des preuves concluantes de l’existence de quatre facteurs de risque de cette maladie. Ainsi, les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes de développer plus rapidement un glaucome et les risques d’aggravation de la maladie (tant dans le cas des hommes que des femmes) augmentent de 4 % par année de vie d’une personne.

Le glaucome à angle ouvert est la forme de glaucome la plus fréquente. Cette maladie implique une détérioration du nerf optique et se caractérise très souvent par une pression intraoculaire élevée. La maladie progresse au fil des ans et de nombreuses personnes ne réalisent qu’elles en sont atteintes que lorsque la perte de vision est permanente et non traitable.

Cette étude a aussi démontré que :

  • Les personnes qui possèdent un anticorps anticardiolipine associé à des caillots dans le système circulatoire ou une maladie auto-immune sont quatre fois plus susceptibles de voir la maladie progresser. Des recherches plus approfondies seront requises pour mieux comprendre les implications de cette découverte.
  • Le rôle de la pression intraoculaire est encore plus important que ce qui avait été imaginé antérieurement. L’étude démontre que même les augmentations les plus faibles ont un effet étonnant. Plus spécifiquement, pour chaque millimètre de mercure d’augmentation de la pression intraoculaire, le risque de progression s’accroît de 20 %.
  • Fait intéressant, plusieurs facteurs de risque qui avaient été considérés comme importants ne sont plus considérés comme tels. Les personnes atteintes de diabète, d’hypertension artérielle ou de maladie cardiovasculaire ne sont pas plus à risque que les autres.

Le fait que la moindre augmentation de pression intraoculaire puisse augmenter de façon significative le risque de progression de la maladie, souligne l’importance des examens à intervalles réguliers, particulièrement chez les personnes plus âgées, et constitue une sonnette d’alarme pour les personnes aux prises avec cette maladie. Les personnes atteintes de glaucome n’éprouvant habituellement aucun symptôme, elles peuvent perdre une importante partie de leur vision avant d’être diagnostiquées et d’amorcer un traitement. Des examens de la vue à intervalles réguliers peuvent ainsi faire en sorte que le traitement débute aussi rapidement que possible. Le glaucome à angle ouvert peut être traité très efficacement à l’aide de gouttes ophtalmiques (et dans certains cas de chirurgie), mais de nombreux patients ne respectent pas assez soigneusement le traitement recommandé, mettant ainsi à risque leur vision résiduelle. L’étude démontre qu’il est essentiel pour les personnes glaucomateuses d’utiliser de façon rigoureuse leurs gouttes ophtalmiques, car la non-administration de ces gouttes pendant quelques jours seulement peut engendrer une augmentation de la pression intraoculaire qui pourrait entraîner une perte de vison. L’étude devrait aussi servir de guide à des études internationales futures.

L’étude canadienne sur le glaucome est la plus vaste et la plus rigoureuse étude clinique effectuée sur cette maladie au Canada. Elle a été conçue avec la participation de spécialistes de renommée mondiale issus de toutes les régions du Canada. Elle a permis de suivre 258 patients dans 5 centres hospitaliers universitaires au cours d’une période assez longue, soit de 1994 à 2005.

« Il est important de suivre toute maladie à progression lente au cours d’une longue période », déclare le Dr Balwantray Chauhan, chercheur principal et directeur de la recherche sur la vision à la Faculté de médecine de la Dalhousie University. « Mais les études longitudinales de cette durée sont rarement subventionnées. Nous sommes donc reconnaissants à INCA et à tous nos partenaires qui ont rendu possible cette importante étude. » INCA a contribué 1,8 million des 2,2 millions de dollars requis pour cette étude.

« Je suis né avec une forme grave de glaucome à angle ouvert, je connais donc de première main les conséquences dévastatrices de cette maladie », déclare Jim Sanders, président et chef de la direction d’INCA. « INCA est extrêmement fier d’avoir soutenu le Dr Chauhan et son équipe qui ont contribué à cette recherche pionnière. » 

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