Le coût faramineux de la perte de vision

TORONTO (23 juin 2009) – Une nouvelle recherche pionnière, diffusée aujourd’hui par INCA et la Société canadienne d’ophtalmologie (SCO), établit le coût financier total de la perte de vision au Canada à 15,8 milliards de dollars par année, un chiffre bien au-delà des estimations précédentes. Les tenants de l’étude sont d’avis que ce coût, pour lequel on prévoit un bond spectaculaire au cours des prochaines années, témoigne du besoin urgent pour le Canada de mettre en place un plan national détaillé en matière de santé visuelle.

Cette facture de 15,8 milliards comprend des coûts de santé directs, qui s’élèvent à 8,6 milliards et qui dépassent ceux de toutes les autres catégories de maladies au Canada y compris le diabète, les cancers et les maladies cardiovasculaires, ainsi que des coûts indirects de 7,2 milliards qui incluent entre autres la perte de productivité et de revenu, les soins, les services de réadaptation et les aides techniques.

Cette étude accorde aussi pour la première fois une valeur au fardeau que représente la perte de vision pour les Canadiens directement visés. Le poids de la maladie ajoute 11,7 milliards à la facture du Canada, ce qui en fait le principal élément des coûts attribués à la perte de vision.

« Les conclusions de cette étude sont les données les plus probantes qui existent actuellement sur le coût de la perte de vision au Canada, dit le Dr Alan Cruess, professeur, chef de district du département d’ophtalmologie de l’Université Dalhousie/Capital Health et ancien président de la SCO. Compte tenu des changements démographiques à venir, nous savons fort bien que si nous n’agissons pas dès maintenant, ce montant grimpera en flèche et surchargera notre système de santé. »

L’étude visait aussi à déterminer qui supporte le coût de la perte de vision. Les résultats montrent que les coûts financiers sont en grande partie absorbés par les contribuables : les gouvernements fédéral et provinciaux assumant 55 % de ceux-ci et « l’ensemble de la société », une autre tranche de 19 %. Les coûts individuels sont aussi lourds pour les personnes vivant avec une perte de vision, totalisant 3,5 milliards par année.

« Lorsque j’ai perdu la vue il y a cinq ans, je suis passé du statut de travailleur à celui de prestataire du Régime de pensions du Canada ayant peu d’espoir de trouver un autre emploi dans ma région. J’ai dû me rendre dans une autre province pour y subir des évaluations additionnelles payées par le gouvernement provincial, dit Terry Gardner, un Terre-Neuvien de 51 ans. Mais la perte de vision a perturbé bien plus que ma situation financière. Elle m’a également coûté une dépression, des amis et des tensions sur le plan de mes relations personnelles. »

Les statistiques troublantes dévoilées aujourd’hui révèlent qu’il est urgent pour le Canada d’élaborer un plan global couvrant tous les aspects de la santé visuelle et de la perte de vision. Muni d’un tel plan, il serait alors possible de réduire les coûts financiers et humains associés à la perte de vision en adoptant des mesures préventives efficientes, en offrant un meilleur accès à des traitements éprouvés et en fournissant des mesures d’adaptation du milieu de travail et des services de réadaptation aux personnes ayant une perte de vision.

En 2003, le gouvernement canadien s’est engagé auprès de l’Organisation mondiale de la santé à créer un tel plan, mais tarde toujours à le faire.

« Le gouvernement canadien doit dès maintenant concevoir et mettre en œuvre un plan global en matière de santé visuelle, déclare John M. Rafferty, président et chef de la direction d’INCA. Certaines mesures provisoires ont été prises, mais nous ne pouvons plus attendre plus longtemps. Chaque année de délai ajoute plus de 45 000 Canadiens au nombre des personnes qui perdent la vue et coûte 15,8 milliards de dollars aux Canadiens. »

En tant que principal organisme voué à la santé visuelle au Canada, INCA souhaite ardemment collaborer avec l’administration publique et le secteur privé au façonnement et à l’orientation des politiques futures en matière de financement des soins de santé et de soutien offerts aux personnes ayant une perte de vision.

« INCA aimerait participer à l’élaboration de ce plan le plus rapidement possible, mais la portée du travail dépasse de loin notre rôle d’organisme de bienfaisance financé par des donateurs et axé sur l’offre de services, dit John M. Rafferty. Le gouvernement doit passer à l’action dès maintenant et faire de la santé visuelle une priorité de santé publique. »

Documents supplémentaires :

Format Word

Format PDF

Retour au haut de la page