Ressources sur la santé visuelle
Étape par étape : Un aide-mémoire pratique pour guider les personnes vivant avec une perte de vision
La plupart des gens qui vivent avec une perte de vision peuvent se
déplacer de façon autonome – ils travaillent, magasinent, effectuent
leurs opérations bancaires et rendent visite à leurs amis comme
n’importe qui d’autre. Il peut arriver cependant que la présence d’un
guide leur soit utile : par exemple, lors d’événements achalandés, comme
les fêtes de bureau, aux passages pour piétons, dans des lieux inconnus
ou lorsqu’ils ont perdu récemment la vue et apprennent à surmonter leur
nouveau handicap.
Si, en tant que membre de la famille, personne soignante, employé
d’un centre d’hébergement ou d’un hôpital, ou même en tant qu’ami ou
collègue, vous rencontrez une personne qui vit avec une perte de vision,
cet aide-mémoire vous transmettra le savoir-faire et la confiance
nécessaires pour guider quelqu’un sans difficulté, respectueusement et
en toute sécurité.
Étape 1 : Introduction
Lorsqu’il s’approche d’une personne vivant avec une perte de vision,
le guide doit d’abord la saluer. Nommez-vous (« Bonjour Michel, c’est
Lucie. » ou « Bonjour, je m’appelle Jean. »), puis demandez-lui si elle
désire de l’aide. Dans l’affirmative, touchez légèrement le dos de sa
main du revers de votre propre main pour lui indiquer de prendre votre
bras. Si la personne n’a pas besoin d’aide, vous pouvez simplement lui
souhaiter une bonne journée et poursuivre votre chemin.
Étape 2 : Technique de base
La personne qui vit avec une perte de vision posera ses doigts à
l’intérieur de votre bras, juste au-dessus du coude, en mettant son
pouce à l’extérieur – c’est un mode de contact très naturel. Ne prenez
jamais le bras ou la main de la personne et n’essayez pas non plus de la
pousser ou de la tirer derrière vous. Non seulement est-ce considéré
comme impoli, mais cela rend aussi le déplacement beaucoup plus
difficile pour la personne que vous guidez.
La personne peut avoir une préférence quant au bras à tenir; gauche
ou droit, peu importe. Habituellement, elle prendra les devants en
indiquant le côté qui lui convient le mieux. Sa prise sera normalement
suffisamment ferme pour maintenir contact, mais assez modérée pour que
vous vous sentiez à l’aise.
Laissez votre bras pendre naturellement, en position décontractée, le
long de votre corps. La personne que vous guidez se tient à côté de
vous, environ un demi-pas en arrière. Son bras est souple, le coude près
du corps, formant un angle d’environ 90 degrés.
Faites attention de n’être ni trop près ni trop éloignés l’un de
l’autre : trop près, on n’est pas à l’aise et on risque de trébucher
l’un sur l’autre; trop loin, on occupe trop d’espace. Marchez à une
allure normale. La personne guidée adoptera votre rythme et suivra
facilement.
Avertissez la personne à l’avance quand vous approchez d’un endroit
où le terrain devient irrégulier, par exemple, lorsque vous descendez
d’un trottoir en béton pour passer sur une pelouse.
Étape 3 : Plus de soutien
Il peut arriver que vous guidiez quelqu’un qui a besoin d’un peu plus
de soutien. En pareil cas, il convient de se rapprocher de la personne,
qui vous serrera peut-être un peu plus le bras. Elle peut même prendre
votre bras et poser sa main sur le dessus de votre avant-bras pour
s’assurer de plus de stabilité. Si c’est le cas, pliez votre coude à 90
degrés pour offrir le soutien recherché.
Étape 4 : Changement de côté
Vous devrez peut-être parfois changer de côté pour ouvrir une porte,
utiliser une rampe d’escalier ou changer de rythme. Voici comment une
personne qui vit avec une perte de vision passe de la gauche à la droite
de son guide.
Elle place d’abord sa main gauche sur le bras du guide, juste
au-dessus de sa main droite ou « main de prise ». À cet instant, elle
tient le guide avec ses deux mains.
Elle enlève sa main droite et fait glisser légèrement sa main gauche
sur le dos du guide jusqu’à rejoindre le bras droit de ce dernier, où
elle la pose au-dessus du coude. Elle peut maintenant s’avancer
légèrement jusqu’au côté droit du guide et reprendre la position normale
d’accompagnement.
Il est préférable d’essayer cette technique à l’arrêt – vous serez bientôt en mesure de l’exécuter tous les deux en marchant.
Étape 5 : Zones étroites
Dans les endroits où il est difficile de marcher côte à côte
(passages étroits, seuils de porte, mais aussi dans la foule), il vous
faudra marcher presque juste devant la personne que vous guidez.
Pour vous y préparer, déplacez votre bras qui sert à guider et
placez-le en diagonale derrière votre dos pour signaler l’étroitesse de
l’endroit.
La personne qui vit avec une perte de vision redressera le bras qui
la relie à vous et le placera juste derrière vous en position totalement
allongée pour éviter de heurter vos talons. Vous êtes maintenant l’un
derrière l’autre, à un pas de distance.
Lorsque vous êtes sortis de la zone étroite, ramenez votre bras vers
l’avant et reprenez la position habituelle. La personne que vous guidez
répondra à ce signal en se remettant en position normale, un demi-pas en
arrière.
Étape 6 : Portes
Prévenez la personne vivant avec une perte de vision que vous
approchez d’une porte, décrivez cette dernière et indiquez dans quelle
direction elle s’ouvre (le côté où est située la penture). Par exemple,
vous pouvez dire : « Nous approchons d’une porte qui s’ouvre à gauche,
dans notre direction. C’est une grande porte en bois avec une poignée. »
S’il y a lieu, la personne handicapée visuelle changera de côté, de
façon à être du côté où s’ouvre la porte. Il vous appartient d’ouvrir la
porte (si ce n’est déjà fait), mais pour des raisons d’ordre
sécuritaire, la personne que vous guidez prend ensuite le relais. Après
avoir mis sa main sur la porte, elle doit la maintenir ouverte jusqu’à
ce que vous ayez tous les deux franchi le seuil, puis la refermer, le
cas échéant.
Si la personne que vous aidez n’est pas en mesure de s’occuper de la
porte (p. ex., si elle est âgée et que la porte est lourde), il vous
revient alors de la garder ouverte et de la fermer.
Étape 7 : Escaliers et bordures de trottoir
Prévenez la personne qui vit avec une perte de vision lorsque vous
êtes sur le point l’un et l’autre de monter ou de descendre des marches
ou encore une bordure de trottoir. Abordez l’obstacle de face – jamais
en angle – et faites un arrêt complet avant de monter ou de descendre.
Dans le cas des escaliers, la personne peut devoir se mettre du côté
de la rampe. Vous devez lui dire où se trouve la rampe par rapport à
elle (« Il y a une rampe métallique à votre gauche. »). Elle saisira
alors la rampe et repérera la première marche en glissant un pied en
avant jusqu’au rebord.
Pour commencer, vous descendez (ou montez) une marche, puis vous
continuez ensemble au même rythme. En tant que guide, vous devez
toujours être un pas en avant.
Étape 8a : S’asseoir
On utilise cette technique lorsqu’on approche de l’avant d’un siège.
Amenez la personne que vous guidez directement devant le siège,
jusqu’à ce qu’elle le touche presque avec ses genoux. Dites-lui qu’elle
est devant un siège en précisant son type (p. ex., sofa, banc, chaise
berçante, fauteuil de bureau muni de roulettes, etc.). Vous devez aussi
lui indiquer si le siège est muni de bras ou d’accessoires inhabituels.
La personne qui vit avec une perte de vision examine le siège d’une
main pour en déterminer les caractéristiques (mou? stable?) et voir s’il
y a quelque chose dessus. Elle s’assoira alors après s’être retournée.
Étape 8b : S’asseoir à table
Dans ce cas, c’est le dos de la chaise qui vous fait face.
Placez votre main sur le dos de la chaise et dites à la personne que
vous guidez que vous êtes devant une chaise qui se trouve sous une
table. Elle glissera alors sa main de prise le long de votre bras
jusqu’à toucher le dos de la chaise. C’est le moment pour vous de vous
éloigner. Ensuite, avec sa main libre, elle déterminera où est la table,
ce qui lui permettra de juger de combien il lui faut tirer la chaise
avant de s’asseoir.
Étape 8c : S’asseoir dans une rangée
Cette méthode est utilisée pour des endroits comme des auditoriums et des salles de concert.
Commencez par marcher en position normale de guidage jusqu’à la
rangée où se trouvent les sièges. Arrêtez-vous, en précisant à la
personne que vous avez atteint la bonne rangée, et gardez sa main sur
votre bras. Comme vous devez la diriger, il vous faudra peut-être
changer de côté pour pouvoir pénétrer en premier dans la rangée.
Continuez ensemble en faisant des pas de côté le long de la rangée –
s’il y a lieu, tournez-vous de façon à ne pas bousculer d’autres
spectateurs! Arrêtez-vous lorsque vous avez atteint le siège de la
personne que vous guidez et faites-lui en part. Elle reculera jusqu’à ce
qu’elle sente le siège contre l’arrière de ses genoux, puis s’assoira.
Lorsqu’il est temps de partir, vous devez vous lever en premier et,
le cas échéant, passer devant la personne handicapée visuelle pour être
en mesure de la guider. Elle prendra votre bras et vous quitterez la
rangée ensemble en faisant des pas de côté jusqu’à l’allée.
Étape 9 : Monter dans une voiture
La plupart des personnes handicapées visuelles peuvent monter seules
dans une voiture à condition de leur donner les indications appropriées.
Dites d’abord à la personne dans quelle direction se trouve le
véhicule (« À votre gauche. ») et placez sa main de prise sur la poignée
de la porte. Guidez son autre main jusqu’à la partie du toit qui se
trouve au-dessus du coin supérieur de la porte – ceci lui évitera de se
cogner la tête. Elle peut alors ouvrir la porte et s’asseoir
d’elle-même, sans danger, dans la voiture.
Vous pouvez fournir, au besoin, tout autre soutien ou renseignement
nécessaire – par exemple, avec les ceintures de sécurité, les cannes ou
les paquets.
Une fois la personne assise dans la voiture, il ne faut pas oublier
de préciser qui fermera la porte – demandez avant de la claquer!
Étape 10 : Prendre congé
Quand il est temps de vous quitter, assurez-vous de dire à la
personne que vous guidez que vous allez partir. Habituellement, il
suffit de dire : « Au revoir, Dominique. Je m’en vais. » Prenez garde de
ne pas abandonner la personne sans point de repère - un mur, une
orientation dans la bonne direction, ou même la compagnie d’autres gens.
Non seulement est-ce une question de simple courtoisie, mais cela évite
aussi que la personne se retrouve en plan, à l’extérieur, en train de
parler à quelqu’un qui est déjà parti.
Aider les personnes accompagnées d’un chien-guide
Comme toujours, demandez d’abord à la personne si elle désire avoir
de l’aide. La personne peut vouloir prendre votre bras, son chien vous
accompagnant tous les deux. Elle peut donner l’ordre à son chien de vous
suivre pendant que vous marchez tous deux en avant. Elle peut aussi
demander vous simplement le chemin et continuer par elle-même.
Si elle demande que vous la guidiez, offrez-lui votre bras en
touchant le dos de sa main, comme à l’accoutumée. La personne peut avoir
une préférence quant au bras qu’elle choisit, selon le côté où elle
tient habituellement son chien.
Si elle désire donner l’ordre à son chien de vous suivre, marchez
quelques pas en avant en indiquant le chemin au fur et à mesure que vous
avancez (« Nous allons tourner à gauche à la prochaine rue. »). La
personne que vous guidez donnera des ordres à son chien en conséquence.
Si la personne a seulement besoin de connaître le chemin à suivre,
fournissez des indications aussi claires que possible en donnant des
détails, tels que « Tournez à droite au prochain coin de rue », plutôt
que de rester dans le vague en disant quelque chose du genre : «
Arrêtez-vous là-bas. »
Il ne faut jamais caresser un chien-guide, à moins d’avoir obtenu la permission de son propriétaire.
Aider les personnes sourdes et aveugles
La surdicécité, qui combine la perte de l’ouïe et la perte de vision,
affecte chacun de façon différente. De nombreuses personnes
sourdes-aveugles peuvent encore voir et entendre un peu. D’autres ne
peuvent pas entendre ou voir.
Ces personnes utilisent différentes méthodes de communication, comme
le langage des signes et les modes de communication tactile (par le
toucher) tels que l’alphabet tracé sur la main ou alphabet manuel.
Chaque personne a un mode de communication préféré. Il représente une
importante source d’information sur le monde extérieur et aide cette
personne à comprendre où elle est et ce qui l’entoure – un processus
appelé « orientation ».
Lorsque vous servez de guide à une personne sourde-aveugle, suivez
les directives habituelles, mais au lieu de lui adresser la parole pour
lui offrir de l’aide, vous pouvez, en guise de salutation, lui toucher
légèrement la main ou l’épaule. Il est important de maintenir le contact
jusqu’à ce que la personne réagisse à votre présence, sinon elle
pourrait croire qu’il s’agit seulement d’un geste accidentel.
La personne sourde-aveugle peut réagir de différentes façons pour
indiquer comment elle préfère communiquer. Si elle possède une certaine
acuité auditive, elle peut répondre : « Qui êtes-vous? » Dans ce cas,
identifiez-vous et offrez votre aide. Elle peut aussi avoir recours à
des fiches de communication, des notes en gros caractères, l’alphabet
tracé sur la main, la voix, le langage gestuel, l’épellation digitale ou
alphabet manuel pour communiquer. Si vous ne connaissez pas la méthode
employée par la personne, essayez l’alphabet tracé sur la main, qui est
d’usage facile et que comprennent de nombreuses personnes
sourdes-aveugles. Avec le bout de votre index, tracez de grosses lettres
majuscules dans la paume de la personne, en marquant un arrêt entre les
mots. Vous pouvez écrire, par exemple : « BONJOUR (pause) JE M’APPELLE
JACQUES (pause) BESOIN D’AIDE? »
En tant que guide, il est très important de demeurer conscient que la
personne ne peut pas entendre; elle peut ne pas percevoir les bruits
environnants, une sirène, la circulation, ni même votre voix.
Pour compenser sa perte auditive, la personne compte sur son sens du
toucher et sur les mouvements et les indications du guide. Il peut être
parfois nécessaire de placer doucement la main de la personne sur un
objet, comme une chaise ou une rampe. Au lieu de lui dire : « La rampe
est à votre gauche », vous pouvez y guider ou y placer sa main avec
douceur.
Le signe universellement utilisé pour traduire l’urgence est un X
tracé sur le dos. En cas d’urgence, comme un incendie, dessinez avec
votre doigt un grand X couvrant tout le dos de la personne, ce qui
devrait l’avertir de vous suivre. Vous êtes donc maintenant son guide et
il vous appartient de le mettre en sécurité. Si possible, donnez-lui
des explications plus détaillées dès que vous êtes l’un et l’autre hors
de danger.
Si vous guidez une personne sourde-aveugle, essayez de ne pas la
laisser seule. Si vous devez absolument vous absenter quelques minutes,
assurez-vous que la personne sait où elle est et quand vous serez de
retour; en attendant, placez-la en lieu sûr, comme sur un banc.
Si vous êtes régulièrement en contact avec une personne
sourde-aveugle et souhaitez obtenir plus d’information sur les modes de
communication utilisés en pareil cas, veuillez consulter votre bureau
d’INCA de votre localité.

Diagramme : X d’urgence tracé sur le dos, fourni par Nancy Lord
Légende du diagramme : Le « X » de l’urgence est tracé sur le dos d’une personne pour qu’elle puisse le « sentir ».
- Laissez la personne prendre votre bras.
- Quittez la zone de danger.
Conseils de sécurité :
Retenez ces consignes pour faciliter le déplacement, en toute sécurité, des personnes qui vivent avec une perte de vision :
- Pousser les chaises sous la table après les avoir quittées.
- Garder les portes entièrement ouvertes ou fermées.
- Garder les portes d’armoires fermées.
- Ne pas changer le mobilier de place dans le bureau ou la maison d’une personne handicapée visuelle, sans l’avertir au préalable.
Pour en savoir plus sur la technique de guide ou sur tout ce qui
concerne la perte de vision, communiquez avec votre bureau d’INCA de
votre localité ou visitez www.inca.ca.