Juin 2018

2018-06-05

Bienvenue au numéro de juin du bulletin d'information En Vue. ​


« Je ne suis pas une personne handicapée. »​

Montage de trois photos de Robert Schabler Robert Schabler décrit sa perte de vision comme un « processus d’apprentissage inimaginable ».

Il y a 10 ans, ce résident de Vancouver et sa femme, Irna, étaient enchantés du panorama que leur offrait la fenêtre de leur appartement donnant sur l’English Bay, utilisant très souvent des jumelles pour regarder de plus près les montagnes, les oiseaux marins et les bateaux.

« La lentille droite des jumelles me semblait souvent couverte de taches graisseuses, raconte M. Schabler. J’avais donc pris l’habitude de démonter les jumelles, de les nettoyer et de les réassembler, mais jamais je n’ai pensé que c’était mon œil qui constituait le problème. »

M. Schabler a consulté son optométriste, qui l’a informé de la situation. Il était atteint de glaucome, une maladie oculaire grave très fréquente, puisqu’elle touche 250 000 Canadiens.

« Je n’ai pas très bien réagi », affirme M. Schabler, un relieur, qui a dû mettre fin à sa carrière à l’âge de 60 ans, en raison de sa vision défaillante. « Comme bien des gens, j’ai vécu une période difficile, que j’appelle "ma période sous la couverture". »

Sa vision se détériorant rapidement, M. Schabler affirme qu’il n’était plus lui-même. Ce retraité habituellement dynamique et optimiste était maintenant coléreux, pessimiste et reclus. Il avait peur de sortir de chez lui pour se perdre ou se blesser dans les rues achalandées du centre-ville de Vancouver.

Il a même annulé un voyage qu’il envisageait de faire avec sa femme au moment de sa retraite, convaincu que ce type d’aventure n’était plus pour lui. Il est alors devenu prisonnier dans sa propre demeure.

« Je me rappelle avoir dit à ma femme : je ne sortirai jamais d’ici. Je ne suis plus comme les autres. Je ne passerai plus ces portes. »

Finalement, à la demande de son épouse, M. Schabler a communiqué avec INCA. C’est alors qu’il a rencontré Dariusz, un spécialiste en mobilité.

Avec Dariusz à ses côtés, et sa nouvelle canne blanche en main, M. Schabler a commencé à apprendre comment marcher en toute sécurité sans vision. Ils ont commencé tout doucement, en se promenant dans des zones peu achalandées, M. Schabler marchant en faisant frapper sa canne blanche sur le sol devant lui et Dariusz lui prodiguant des conseils, l’aidant ainsi à mieux comprendre son environnement.

Le périple fut de longue durée. Il a fallu au total 10 mois de travail sur une base régulière. Petit à petit, les rues résidentielles peu achalandées ont fait place à des intersections fréquentées, pour se transformer éventuellement en des avenues du centre-ville de la plus importante métropole de la Colombie-Britannique.

Et, quelque part sur ce sentier, M. Schabler a regagné confiance.

« J’avais l’impression d’être couché au sol dans une pièce toute noire, mes mains s’agrippant à l’échelon inférieur d’une échelle. Puis Dariusz est arrivé, il m’a tendu la main et m’a tranquillement guidé jusqu’au haut de cette échelle. »

« Je ne suis pas une personne handicapée. On m’a donné les moyens de redevenir autonome. INCA m’a remis en selle. »

Aujourd’hui, M. Schabler se promène dans les rues de la ville et même à bord du SkyTrain de Vancouver, comme un professionnel. Il n’est plus confiné à son appartement. Il sort et il vit de nouveau. Il dit même que d’une certaine façon, il peut encore voir, mais pas de la même façon qu’il avait l’habitude de le faire.

« Je vois ma fille lorsque je lui fais un câlin et je vois le visage de ma femme et ce sourire qui m’a conquis il y a 39 ans. Je vois cela en posant mes mains sur ses joues. »

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Du braille pas une chirurgie cérébrale 

Par Lynn Jensen 

Mains d’une personne posées sur une page braille Un neurochirurgien qui effectue une opération du cerveau doit maintenir une main habile et ferme tout comme les lecteurs de braille, mais la similitude s'arrête là. Les gens me disent souvent qu'il leur serait impossible d'apprendre à lire le braille. « Les points sont tellement petits ».

On croirait que je leur demande d'effectuer une chirurgie du cerveau sans avoir fait d'études et sans aucune expérience. Pourtant le braille ne mérite pas toute cette négativité. Louis Braille n'aurait certainement pas perdu son temps à inventer un système de communication composé de points surélevés, si la population visée, soient les personnes aveugles ou ayant une vision partielle ne pouvaient pas le lire.  

Pour moi, le braille représente beaucoup plus que la lecture de livres. Il me permet également d'avoir plus d'autonomie. Grâce au braille, je peux identifier les nombreux pots d'épices sur mon étagère, sans aucune aide ni l'utilisation d'un autre moyen. Je peux appuyer sur le bon bouton de l'ascenseur lorsque je me trouve dans un centre médical que je ne connais pas. Et surtout, je peux lire tous les livres classiques pour enfants à mes deux adorables nièces âgées de trois ans. 

J'aimerais vous dire que l'apprentissage du braille n'est pas aussi difficile que vous le pensez. Non sérieusement, à quel point cela pourrait l'être. J'ai appris à lire le braille en une fin de semaine.

J'admets qu'il faut pas mal de pratique pour lire un livre en braille à une vitesse modérée, mais comme je vous l'ai déjà dit, le braille apporte beaucoup plus que la lecture.

Vous pourriez apprendre le braille pour créer un carnet d'adresses dans votre téléphone portable, étiqueter vos cartes de débit et de crédit dans votre portefeuille ou tout simplement pour jouer au bridge, au poker ou au Scrabble avec des membres de votre famille ou des amis. Si vous apprenez le braille pour l'une de ces raisons, il n'est pas vraiment important de pouvoir lire des textes longs à une vitesse éclair.  

Si vous désirez acquérir plus d'autonomie grâce à l'apprentissage du braille, veuillez communiquer avec le bureau d’INCA de votre localité pour obtenir plus d’information. Qui sait, peut-être qu'un jour vous pourrez lire le braille avec une main aussi habile que celle d'un neurochirurgien! 

Lynn Jensen
À propos de l'auteur

Le trait de caractère dominant de Lynn Jensen est la détermination ou ce qu'elle préfère appeler l'obstination. Elle a perdu sa vision de manière inattendue peu de temps après avoir obtenu son diplôme de l'École des sciences infirmières de l'Université de la Colombie-Britannique. Dès qu'elle a pu, elle est partie en Ontario pour fréquenter le Collège Mohawk pendant un an afin d'obtenir un certificat d'études supérieures. De retour à Vancouver, elle est entrée au service d'INCA et elle vient de fêter sa 17e année au poste de spécialiste agréée de la réadaptation en déficience visuelle.​

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Le « Wow! » du mois 

À la mémoire du Docteur Jacob Bolotin

Photo du jeune Dr Jacob Bolotin Si vous n'avez pas entendu parler du Dr Jacob Bolotin, vous devriez apprendre à le connaître. Né totalement aveugle en 1888 d'une famille d'immigrants pauvres de Chicago, Jacob n'avait pratiquement aucune chance de s'en sortir dans la vie. Comme la plupart des enfants aveugles de cette époque, on ne s'attendait pas à ce qu'il fasse grand-chose de sa vie. 

Mais ce jeune homme déterminé n'était pas prêt à laisser les préjugés l'empêcher de vivre sa vie. Le jeune Jacob s'est battu pour être accepté à l'école de médecine, une réussite sans précédent pour une personne totalement aveugle de cette époque. Il devient alors le premier médecin totalement aveugle au monde et l'un des plus respectés de Chicago. Il est particulièrement reconnu pour son expertise dans le domaine des maladies cardiaques et pulmonaires. 

Tout au long de sa vie, il a travaillé sans relâche pour changer la perception du public à l'égard des personnes aveugles, utilisant son statut de célébrité locale pour défendre les droits des personnes aveugles à l'éducation, à l'emploi et à l'intégration dans la société. Il a aussi mis sur pied et dirigé la première troupe de scouts composée entièrement d'enfants aveugles.   

En 1924, lors de sa mort prématurée, à l'âge de 36 ans, des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles pour rendre hommage à cet homme brillant, animé par un fort esprit pionnier.    

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Pièce de monnaie et médaillon à l'effigie d'INCA Une pièce et un médaillon commémorant notre 100e anniversaire

Nous sommes honorés que la Monnaie royale Canadienne ait lancé une pièce en argent et un médaillon en bronze pour commémorer notre centenaire. La pièce de monnaie et le médaillon ont été conçus par Meghan Sims de Kitchener (Ontario), une artiste atteinte d'une maladie congénitale rare, appelée achromatopsie, qui l'a rendue partiellement aveugle et daltonienne.  

REGARDEZ LA PIÈCE DE MONNAIE ET LE MÉDAILLON À MINT.CA >

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Une petite fille qui marche à l'aide d'une canne blancheCe pourrait être l’une des décisions les plus déterminantes de votre existence. 

On ne prend pas à la légère la décision de modifier son testament, mais c'est une décision qui peut transformer la vie des gens de génération en génération.  Communiquez avec nous pour obtenir des conseils personnalisés sur les dons testamentaires que vous pouvez faire à INCA afin d'aider les Canadiens aveugles ou ayant avec une perte de vision à voir au-delà de la perte de vision et à se réaliser pleinement dans la société. 

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES DONS TESTAMENTAIRES > ​​​

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