Fondateurs d’INCA

Collage de photos représentant les sept fondateurs d’INCA

En 1918, INCA est fondé par un groupe de sept hommes. Plusieurs d’entre eux ont servi dans l’armée et certains sont aveugles. Ces personnes sont toutes d’avis que de nombreux anciens combattants de la Première Guerre mondiale devenus aveugles au combat ont besoin de soutien. Le groupe est constitué d’un avocat, de deux médecins, d’un ingénieur en électricité, d’un spécialiste des assurances, d’un collecteur de fonds chevronné et d’un bibliothécaire parlant sept langues.

Tous sont d’ardents défenseurs des droits des personnes vivant avec une perte de vision et croient fermement que ces personnes doivent être en mesure de façonner leur destinée, de parler en leur nom et d’être entendues. Pour en savoir plus à propos de nos fondateurs...

Colonel Edwin A. Baker

Image du Colonel Edwin A. BakerEdwin A. Baker (1893-1968), affectueusement appelé « Le Colonel », est un des principaux fondateurs d’INCA. Il a aussi été directeur général national d’INCA de 1920 à 1962.

Né sur une ferme près de Kingston (Ontario), Edwin Baker grandit là où ses ancêtres loyalistes se sont établis. Il fréquente les écoles publiques primaire et secondaire de la région et s’inscrit à l’Université Queen's de Kingston pour étudier le génie.

Il obtient un baccalauréat ès sciences en génie électrique en 1914, juste à temps pour s’enrôler auprès du 6e Escadron de génie de l’Armée canadienne et participer à la Première Guerre mondiale. En 1915, il est blessé au Mont Kemmel et perd totalement la vue.

Après la guerre : une nouvelle vie

Après avoir obtenu des services de réadaptation à St. Dunstan’s Home en Angleterre, il retourne au Canada en 1916 pour refaire sa vie comme personne aveugle. Ce n’est pas chose facile. Il existe alors très peu de services sociaux, les personnes vivant avec une perte de vision ayant tendance à rester à la maison et à dépendre de leur famille.

En dépit de cela, Edwin Baker obtient un poste à la Commission de l’énergie hydroélectrique de l’Ontario et, dans ses temps libres, il siège bénévolement au conseil d’administration de la Canadian Free Library for the Blind. Il devient aussi un des sept fondateurs d’INCA, organisme qui se voit décerner une charte fédérale en 1918. Edwin Baker est alors nommé vice-président du premier conseil d’administration d’INCA. Au cours de la même année, à la demande du gouvernement du Canada, il coordonne la formation et les soins dispensés aux militaires canadiens devenus aveugles au combat. En 1920, il accepte le poste rémunéré de secrétaire général d’INCA.

L’évolution d’INCA

Avec trois employés et une poignée de bénévoles, Edwin Baker en vient à ériger un organisme de plus de 50 bureaux répartis à travers le pays. Il parraine des études en ophtalmologie et des programmes de soutien médical aux autochtones du Grand Nord. Il aide à mettre sur pied le premier dépistage de masse à l’intention des enfants d’âge scolaire de Toronto, ce qui engendre l’instauration de classes spéciales pour enfants vivant avec une perte de vision et la première étude nationale sur l’incidence et les causes de cécité au Canada.

Autres défis

Edwin Baker se préoccupe de bien plus que de son propre organisme. Pendant trois mandats, il préside le Conseil mondial pour le Bien-être des aveugles (aujourd’hui appelé Union Mondiale des Aveugles) et est pendant de nombreuses années le seul membre laïque de la Société canadienne d’ophtalmologie. Il est membre du Conseil consultatif national sur la réadaptation des personnes handicapées pendant dix ans et œuvre à la fondation de la Royal Commonwealth Society for the Blind de Londres (Angleterre).

À titre de vétéran de la Première Guerre mondiale, Edwin Baker continue de participer activement aux activités de l’armée et des anciens combattants. Il est président honoraire du Conseil national des associations d’anciens combattants du Canada; président honoraire des Pensionnés de guerre du Canada; membre à vie de la Légion canadienne et des Vétérans de l’Armée, de la Marine et de l’Aviation du Canada et président honoraire du dominion de l’Association des corps d’armée du Canada. Il est vice-président, puis secrétaire de l’Association Sir Arthur Pearson des aveugles de guerre.

Prix et honneurs

En reconnaissance de son œuvre, Edwin Baker se voit conférer de nombreuses distinctions honorifiques. En 1935, il devient Officier du Order of the British Empire. En 1938, il devient Lieutenant-Colonel. Au cours de la même année, l’Université Queen's lui décerne un doctorat honoris causa en droit et, en 1945, il reçoit ce même diplôme honorifique de l’Université de Toronto. Il remporte aussi de nombreux prix pour service exceptionnel de la part des Amputés de guerre du Canada ainsi que de trois associations américaines pour les aveugles. Il est aussi nommé Citoyen de l’année de plusieurs municipalités canadiennes.

En 1966, Edwin Baker reçoit le Trophée de la Fédération internationale des vétérans en reconnaissance de son œuvre auprès des personnes handicapées et est nommé Compagnon de l’Ordre du Canada pour mérite exceptionnel l’année suivante.

Edwin A. Baker décède le 7 avril 1968.

Bons mots

Au cours de son allocution funéraire, le Révérend John Neal de la Beulah United Church de Collins Bay, déclare : « La vie a enseigné au Colonel, et ce, peut-être même dans cette église qui lui tenait tant à cœur, que le mode de vie chrétien consiste à apprendre à transformer les pierres d’achoppement en tremplins. Sa vie nous démontre que de la détresse peuvent naître de grandes choses lorsque cette affliction est vécue avec courage et détermination. Cet homme a enrichi la vie de tous ceux qui l’ont connu. »

  • N. Magill, directeur général national d’INCA de 1962 à 1973, déclare dans un vibrant hommage : « Le Colonel Baker a gagné l’admiration, le respect et l’affection de milliers de personnes, tant aveugles que voyantes, au Canada, aux États-Unis et en Europe. Bien qu’il ait été un chef de file international du domaine de la cécité, il était aussi à l’aise dans son atelier au sous-sol que dans une salle de réunion entre amis et voisins. J’ai tiré avantage de son amitié pendant 40 ans et je crois que la plus grande force qu’il a démontrée était sa très grande confiance en l’habileté des personnes aveugles. »

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Charles Carruthers

Dr Charles Carruthers

Image de Charles CarruthersCharles Carruthers naît à Avening (Ontario) en 1886. Il perd la vue à l’âge de cinq ans à la suite d’une maladie non diagnostiquée. Il fréquente alors l’Ontario School for the Blind de 5 à 14 ans, puis Woodstock College, Pickering College et l’Université de Toronto où il obtient un baccalauréat ès arts. Il prépare son admission au Barreau en fréquentant Osgoode Hall, mais change de cap en raison de son intérêt pour l’ostéopathie et fréquente une école d’ostéopathie de l’Iowa. Dr Carruthers revient à Toronto et ouvre un cabinet qu’il administre pendant 40 ans.

Dr Carruthers se consacre à l’enseignement du braille aux anciens combattants de la Première Guerre mondiale rendus aveugles au combat. Il préside la Canadian National Library for the Blind au moment où l’organisme se joint à la Bibliothèque nationale d’INCA. Il est aussi président de l’International Association of Blind Osteopaths. En 1967, il remporte la Médaille du Centenaire du Canada. Dr Carruthers est le dernier survivant des fondateurs d’INCA. Il meurt en 1976 à l’âge de 90 ans.

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Dr Charles Dickson

Image du Dr Charles DicksonDr Charles Dickson naît à Kingston (Ontario) en 1858. Il est le plus vieux des fondateurs d’INCA. Diplômé de l’Université Queen’s, il connaît une brillante carrière médicale en radiographie, spécialité naissante à l’époque, et devient chef de ce département au Toronto General Hospital. Il perd la vue en 1908 à l’âge de 50 ans à la suite d’une expérience en radiographie qui tourne mal.

Dr Dickson est le premier président d’INCA. Il reçoit la Médaille du Roi et est nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem après avoir fondé la section canadienne de l’Ambulance Saint-Jean. Dr Dickson meurt en 1938 alors qu’il siège à titre de vice-président d’INCA.

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George Plaxton

Image of George PlaxtonGeorge Plaxton est un des deux fondateurs voyants d’INCA. Il devient avocat honoraire d’INCA, mettant bénévolement ses compétences juridiques au service de l’organisme. Il rédige les documents nécessaires à la constitution d’INCA en personne morale. Un an après la fondation officielle de l’organisme, George Gordon Plaxton retourne à la pratique du droit et entretient alors une relation moins étroite avec le nouvel organisme national qu’il a aidé à fonder.

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Sherman Swift

Image de Sherman SwiftSherman Charles Swift naît à Petrolia (Ontario) et perd la vue en bas âge à la suite d’une explosion de poudre noire. Il fréquente l’Ontario School for the Blind de Brantford et obtient en 1907 un baccalauréat ès arts spécialisé en langues modernes de l’Université McGill.

Sherman Charles Swift est nommé bibliothécaire de la Free Library for the Blind en 1911. Il obtient une maîtrise en éducation de l’Université de Toronto. M. Swift parle sept langues couramment et, en 1908, devient la première personne aveugle qualifiée pour obtenir un certificat d’enseignement, certificat qui lui est alors refusé, mais accordé 15 ans plus tard. Il est l’auteur de nombreux poèmes non publiés et le coauteur de The Voyages of Jacques Cartier in Prose and Verse (1934). À titre de fondateur d’INCA, on le décrit comme une véritable force de la nature dont on doit indéniablement tenir compte.

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Alexander Viets

Image of Alexander VietsAlexander Griswold Viets naît à Digby (Nouvelle-Écosse) en 1878. En 1914, il s’engage dans l’armée à Calgary. Devenu aveugle au combat au début de la Première Guerre mondiale à la suite d’un tir de mortiers, il est transféré à St. Dunstan’s pour y parfaire sa réadaptation. Il partage alors une chambre avec Edwin Baker et Clutha MacKenzie, deux personnes bien connues par la suite pour leur travail auprès des personnes qui vivent avec une perte de vision en Nouvelle-Zélande et en Asie.

Alexander Griswold Viets est le premier soldat rendu aveugle au combat à retourner au Canada après avoir séjourné à St. Dunstan’s. Il rentre en Nouvelle-Écosse, mais, en 1916, Edwin Baker l’invite à déménager à Toronto, où il travaille pour L’Impériale, Compagnie d’Assurance-Vie. Il devient membre du conseil d’administration de la Canadian National Library for the Blind au cours de la même année. Alexander Viets devient par la suite vice-président d’INCA et reçoit la médaille du Roi en 1937. Ses collègues le décrivent comme un homme tranquille et attentionné ayant un véritable sens des affaires. Il meurt à 71 ans.

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Lewis Wood

Image de Lewis WoodLewis Wood naît à Halifax et vit à New York pendant quelques années. Il déménage à Toronto au début des années 1900. Son frère et lui construisent le premier édifice de la Banque Royale à Toronto, un des premiers gratte-ciel à être érigés au Canada. Lewis Wood et Edwin Baker se lient d’amitié grâce à un ami commun, et M. Wood se préoccupe alors des défis que doivent relever les personnes qui vivent avec une perte de vision.

En janvier 1917, Edwin Baker suggère à Lewis Wood de présider le comité des finances de la Free Library for the Blind. Lewis Wood aide alors la Bibliothèque à obtenir des appuis financiers. Il sollicite aussi activement, au profit d’INCA, les nombreuses relations professionnelles qu’il s’est faites au fil des ans.

Lewis Wood est président du conseil d’administration d’INCA pendant 34 ans, soit de 1918 à 1952. On raconte qu’il a eu une incidence vigoureuse, quoique discrète, sur la fondation d’INCA. Son leadership à titre de bénévole occupant le plus haut poste de direction est grandement apprécié. Il est le confident et le mentor d’Edwin Baker et les deux amis voyagent souvent ensemble pour le compte d’INCA.

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