Pas d’obstacles à l’emploi pour Bernard Akuoko, de Brantford

August 29 2017 - Bernard Akuoko.jpgBernard Akuoko, de Brantford, a un emploi depuis qu’il a 17 ans.

Aujourd’hui âgé de 29 ans, il a travaillé dans un magasin de détail, un cinéma, un centre d’appels et un foyer de groupe pour adultes ayant une incapacité mentale. Il a aussi été spécialiste et mentor en matière d’emploi pour des pairs, et il est aujourd’hui conseiller à l’école W. Ross Macdonald.

Il s’agit là d’une impressionnante feuille de route pour une jeune personne. M. Akuoko doit toutefois relever un défi supplémentaire. Il est atteint de rétinite pigmentaire depuis la naissance, une maladie oculaire qui lui a fait perdre la vision graduellement.

Cela ne l’a pas ralenti ni ne lui a dicté sa conduite. Au contraire, il a fréquenté des écoles primaires et secondaires traditionnelles. Malheureusement, avec les années, M. Akuoko a senti le besoin de dissimuler son incapacité.

«Adolescent, je ne voulais pas être montré du doigt comme étant celui qui a une déficience visuelle», précise-t-il.

Sa détermination lui a bien servi au Collège Sheridan, où il a obtenu un diplôme de technicien en assistance sociale en un an et demi plutôt qu’en deux ans, comme c’est habituellement le cas.

Même s’il était prêt à intégrer le marché du travail, ses parents ont insisté pour qu’il fréquente l’université. Cela signifiait une année intermédiaire à l’Université Ryerson, où il a suivi une formation continue tous les samedis matin. Il a occupé deux emplois pour subvenir à ses besoins : dans un cinéma les soirs de semaine et dans un magasin de détail les week-ends, immédiatement après le cours.

Il a tiré de pénibles leçons du secteur du commerce de détail.

«Le directeur ne semblait pas vouloir me parler», fait observer M. Akuoko. «Ses insinuations allaient toujours dans le même sens : il ne voulait pas de moi dans le magasin.»

Un jour, il a dit à M. Akuoko de ne pas se présenter à son prochain quart de travail.

À son retour au magasin, un autre directeur lui a curieusement demandé : «Où étiez-vous?» Il a juré de travailler avec ardeur de façon que personne ne puisse plus jamais douter de son zèle. Il accomplissait toutes les tâches qui lui étaient dévolues et bien davantage. Son professionnalisme et sa personnalité attachante lui ont valu le respect de ses collègues à un point tel que, quatre ans plus tard, au moment où M. Akuoko quittait son travail pour entreprendre ses études universitaires, ses collègues et la direction lui ont remis une carte-cadeau en remerciement pour son travail acharné.

Même après avoir obtenu un baccalauréat en travail social à l’Université Laurentienne, des obstacles surgissaient sur son chemin. Malgré ses études, il a été dirigé vers un centre d’appels à Burlington. M. Akuoko avait l’impression que l’entreprise exploitait les employés, exigeant de longues heures pour un faible salaire. Un matin, alors que M. Akuoko s’apprêtait à expliquer le travail à une recrue, un directeur est intervenu, lui disant : «Vous ne pouvez pas former de nouveaux employés. Vous utilisez une technologie adaptée. Vous faites bien votre travail, mais vous ne pouvez pas former les recrues parce que vous compliquez les choses.» (M. Akuoko utilise un lecteur d’écran et un logiciel de grossissement de texte.)

«Des attitudes semblables sont réellement blessantes, dit M. Akuoko. J’ai alors commencé à chercher un autre emploi.»

Sa tante, qui s’est toujours occupée de lui, est tombée sur un avis concernant un poste de spécialiste de proximité auprès de personnes handicapées à Mississauga. Le cœur de M. Akuoko palpitait à la possibilité d’aider des clients à améliorer leur vie. Il s’est joint à une équipe de jeunes travailleurs énergiques.

«Au début, certains d’entre eux étaient plutôt froids. Ils ne savaient pas si je pouvais me déplacer et rencontrer les clients», se souvient M. Akuoko.

Il a rapidement dissipé leurs doutes. Il marchait, prenait l’autobus et empruntait le train de banlieue pour faire son travail.

«J’étais très heureux et j’aimais mon travail.»

Il s’agissait malheureusement d’un projet pilote, et son contrat n’a pas été renouvelé.

La mort dans l’âme, il s’inscrit au programme de maîtrise en travail social de l’Université Wilfrid-Laurier, mais il n’est pas accepté. En même temps, un kyste à la mâchoire a dû lui être enlevé, et l’opération a été plus difficile que prévu.

«J’étais très affaibli, se rappelle-t-il. Je ne savais pas si je m’en remettrais.»

Tout en récupérant, il trouve une offre d’emploi concernant un conseiller en résidence à l’école W. Ross Macdonald pour aveugles. Réalisant qu’il s’agissait là d’une occasion en or, il met tout son cœur dans la confection de son curriculum vitae et rédige une lettre d’accompagnement détaillée.

Il obtient un entretien d’embauche et, déterminé à avoir le poste, il prépare un solide exposé de dix minutes pour expliquer la façon dont il aiderait un élève vivant avec perte de vision. Une semaine plus tard, il reçoit l’appel tant attendu. Il déménage immédiatement d’Oakville à Brantford. Il attribue toute sa détermination et son professionnalisme à ses années d’expérience.

Sans sa détermination et les encouragements de sa famille et de ses amis, M. Akuoko ne serait peut-être pas là où il est aujourd’hui. Il aime à répéter que rien n’est acquis, surtout si on vit avec une déficience visuelle ou un autre obstacle.

«Il importe d’avoir une attitude positive et de cesser de se confondre en excuses», affirme M. Akuoko. «Préparez-vous à prendre des risques et à échouer, mais sachez aussi tirer des leçons de vos échecs.»

Imprégné de cette attitude, M. Akuoko est d’avis que son aventure fructueuse dans le monde du travail ne fait que commencer. Soixante-deux pour cent des membres de la population aveugle ou ayant une vision partielle en âge de travailler n’ont pas d’emploi par rapport à 27 % de la population formée de personnes qui voient. Pour en savoir davantage sur l’emploi de personnes ayant une perte de vision, visitez inca.ca/employabilité.​​

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