L’histoire de John Wilsbech

July 13.jpgJohn Wilsbech souhaite que les autres comprennent qu’il est possible de vivre pleinement après la perte de vision, mais que la transition exige une certaine forme de soutien.

« Il faut stimuler les gens et leur redonner la volonté d’agir après la perte de vision. Nous devons tous croire que nous pouvons encore apporter quelque chose à la société », fait observer ce résident de Winnipeg de 77 ans.

M. Wilsbech dirige un groupe d’entraide d’INCA depuis presque quatre ans. Le premier mercredi de chaque mois, des clients se réunissent pour s’entraider ainsi qu’apprendre de nouvelles façons de vivre leur deuil et d’apporter des changements à leur vie afin qu’elle soit enrichissante même après la perte de vision.

« INCA joue un rôle extrêmement utile par l’entremise de ce groupe d’entraide. En fait, c’est peut-être là le rôle le plus important d’INCA : redonner espoir après la perte de vision. » 

M. Wilsbech a perdu la vue à la suite de décollements de la rétine. En 1993, il a complètement perdu l’usage de son œil droit puis, en 1994, ce fut le tour de l’œil gauche. Il a néanmoins pu conserver une certaine vision grâce à une opération jusqu’en 2012, année où il est devenu complètement aveugle. 

La transition n’a pas été facile. Lorsqu’il a subi un second décollement de la rétine, il n’a pas pu conserver son travail au gouvernement, dans le cadre duquel il devait conduire une voiture pour se rendre à l’extérieur de Winnipeg. Dès lors, il a perdu sa mobilité, ce qui a donné lieu à des sentiments d’isolement, de solitude et de dépression pendant un certain temps. 

« C’était très frustrant. Je ne pouvais plus faire de marches pour réfléchir à certaines questions, puisque je ne pouvais plus voir mon chemin. » 

Les deuils étaient nombreux, étant donné que les plans pour sa retraite étaient devenus irréalisables. Il voulait à l’origine reconstituer d’anciennes voitures, projet qui lui semblait maintenant impossible.

N’étant pas du genre à abandonner, il est passé à autre chose et s’est tourné vers INCA, tout d’abord en participant à un programme d’adaptation à la perte de vision. 

« Grâce à ce programme, j’ai pu voir le côté positif des choses en m’attardant à ce que je pouvais faire et non à ce que j’avais perdu. La plupart des gens qui perdent la vue pensent avoir tout perdu, mais ce n’est pas le cas. »  

M. Wilsbech a par la suite suivi des cours d’orientation et de mobilité, de technologies adaptées de l’information et de yoga dans l’immeuble d’INCA. Et il ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Armé d’une attitude des plus positives, sa vie est redevenue enrichissante. Il a découvert qu’il pouvait encore faire de nombreuses choses. C’est ainsi qu’il a lui-même installé 17 fenêtres dans sa maison (alors qu’il était aveugle au sens de la loi), qu’il a continué à faire de la danse sociale (une passion depuis 1946) et qu’il a dirigé le groupe d’entraide. 

« Perdre la vue n’est pas la fin du monde. Je dis aux gens qu’ils ne doivent pas se laisser abattre, parce que c’est leur attitude, et non leurs aptitudes, qui fixent leurs limites. » 

Il désire maintenant que les gens sachent que la perte de vision lui a permis d’adopter une nouvelle perspective. « Le monde est visuel à 95 %. Les personnes voient ce qui est devant elles et se forment rapidement une opinion sans faire appel à leur sens de l’écoute ou à leurs sentiments. La personne qui perd la vue acquiert une attitude différente : elle compte uniquement sur ses capacités d’entendre et d’interpréter. » 

« Grâce aux merveilleuses activités de formation offertes par INCA et avec l’appui de ma fantastique famille, je mène une vie des plus enrichissantes. Je confectionne à l’heure actuelle des livres à colorier pour adultes avec ma fille aînée. L’avenir se présente bien de nouveau. » 

 

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