Du code morse au courriel – Une ancienne combattante suit les progrès technologiques malgré une perte de vision

L’opératrice radio Yvonne Hamon envoyait des signaux du code Morse pendant la Deuxième Guerre mondiale pour faire croire à l’ennemi que le Canada avait plus d’avions de guerre dans les airs qu’en réalité.

L’ancienne combattante de 95 ans envoie maintenant des courriels à son fils malgré une perte de vision.

En 2008, Mme Hamon s’est adressée à INCA Kingston lorsque sa vision a commencé à se détériorer.

Elle a reçu des services de basse vision, pour une vie autonome et pour la technologie d’assistance. Mme Hamon a également découvert un nouveau monde de produits innovateurs, dont une télévisionneuse et un lecteur d’écran d’ordinateur qui a grandement facilité sa vie avec une perte de vision.

« INCA m’a permis d’envoyer des courriels pour rester en contact avec mon fils qui vit à Dartmouth, et c’est formidable. Je recommanderais cet organisme à quiconque tente de tirer le maximum de sa vision restante », affirme Mme Hamon.

Edwin A. Baker (1893-1968) de Kingston, affectueusement appelé « Le Colonel », a été un des principaux fondateurs d’INCA, et a agi comme directeur général de 1920 à 1962. Né sur une ferme, M. Baker grandit là où ses ancêtres loyalistes de l’Empire uni se sont établis. Il fréquente l’école publique et l’école secondaire de la région pour ensuite suivre des études de génie à l’Université Queen’s.

Il obtient un baccalauréat ès sciences en génie électrique en 1914, juste à temps pour s’enrôler auprès du 6e Escadron de génie de l’Armée canadienne qui a servi pendant la Première Guerre mondiale. En 1915, il est blessé au Mont Kemmel, en Belgique, et il perd totalement la vue.

 Après une réadaptation au centre St. Dunstan’s en Angleterre, Edwin Baker retourne au Canada en 1916 pour refaire sa vie comme personne vivant avec une perte de vision. Lorsqu’INCA est officiellement constitué en personne morale le 30 mars 1918, les Canadiens vivant avec une perte de vision n’ont accès qu’à bien peu de soutien ou de programmes de réadaptation. Une vie de pauvreté, de chômage et de dépendance constitue généralement la seule issue possible pour eux. Deux moments repères de l’histoire canadienne (l’explosion de Halifax et la Première Guerre mondiale, au cours desquelles de nombreux Canadiens ont perdu la vue) ne font que réitérer l’urgent besoin de créer une organisation pouvant offrir une meilleure solution pour l’avenir. Avec trois employés et une poignée de bénévoles, il en vient à ériger un organisme de plus 50 bureaux répartis partout au pays. 

« INCA entretient des liens de longue date avec les hommes et les femmes des Forces armées canadiennes. Notre histoire est ancrée dans le service aux soldats canadiens et il s’agit d’un héritage que nous sommes fiers de perpétuer encore aujourd’hui », affirme Len Baker, vice-président régional, INCA Ontario et Québec. « Et, près d’un siècle après sa fondation, INCA (Réadaptation en déficience visuelle Canada) sert actuellement toute personne vivant avec une perte de vision par l’intermédiaire de ses programmes et services conçus pour garantir que les personnes aveugles ou ayant une vision partielle ont la possibilité de mener des vies actives, en toute autonomie. »

Que leur perte de vision soit complète ou partielle, liée au combat ou simplement attribuable au vieillissement, les anciens combattants de tous âges peuvent profiter de la réadaptation personnalisée d’INCA.

Outre ses programmes et services uniques, INCA offre la plus vaste gamme de produits et technologies pour faciliter la vie des personnes vivant avec une perte de vision, dont des agrandisseurs d’écran, des montres parlantes et des outils à grosses touches. Pour les anciens combattants, le coût de bon nombre de ces produits est couvert par Anciens combattants Canada.