Asha Maharaj — Travailler et vivre avec une perte de vision

August 10 - Client Asha Maharaj personal photo CNIB access granted.jpgJe m’appelle Asha Maharaj. Je vis à Vancouver, en Colombie-Britannique, et je suis atteinte d’une maladie oculaire dégénérative appelée rétinite pigmentaire (RP).
 
C’est à 17 ans que les médecins m’en ont informé en précisant que j’étais déjà aveugle au sens de la loi et que je perdrais une importante partie de ma vision résiduelle au cours des deux prochaines années. À l’époque, j’ai eu de la difficulté à saisir l’ampleur de la situation et à comprendre ce qui adviendrait de mon avenir, de mes espoirs et de mes rêves. J’ai tout simplement figé. Mais, je me souviens que mes parents se sont demandé « Pourquoi ? » Ils ont probablement posé cette même question à Dieu.
 
C’est ainsi qu’a débuté mon parcours de vie avec une perte de vision.
 
J’ai alors décidé de continuer à aller de l’avant, peu importe ce qui pourrait survenir. J’ai donc poursuivi mes études. Je me suis inscrite au Douglas College et c’est là que j’ai rencontré mon premier obstacle. Au milieu de la deuxième année, j’ai commencé à avoir de la difficulté à lire les imprimés. En fait, il me fallait près de quatre heures pour terminer un devoir de lecture. J’ai donc quitté le collège. Il s’en est suivi quatre regrettables années sans but ni objectif.
 
En communiquant avec L’Institut national canadien pour les aveugles (INCA) et en découvrant diverses technologies adaptées, j’ai appris l’existence des logiciels de grossissement de texte, des télévisionneuses, etc. Mon rêve d’études supérieures reprenait vie. J’ai décidé de m’inscrire au British Columbia Institute of Technology (BCIT) et d’obtenir un diplôme en marketing et communications. J’ai terminé mes études avec un prix de distinction honorifique.
 
Je travaille actuellement pour la plus importante coopérative financière du Canada à titre de conseillère en ressources humaines.
 
Mes expériences de travail incluent par ailleurs divers postes allant de consultante en remaniement d’entreprise à spécialiste en politiques et procédures, sans oublier divers postes en communications.
 
Que m’a appris ce parcours?
  • La divulgation de sa déficience est un choix personnel. Dans mon cas, ce n’en était pas un, car j’avais besoin de technologies adaptées. Mais, la divulgation de ma perte de vision n’a pas suscité de réticences. Certains emplois ne m’ont pas été accordés, mais ceux que j’ai obtenus m’ont permis de cheminer sur le plan professionnel et de travailler aujourd’hui pour un organisme progressiste.
  • Il est extrêmement important d’avoir une bonne perception de soi dans chacun des aspects de son existence. Puisque la perte de vision affecte tous ces secteurs, la conscience de soi devient alors essentielle. Étant une personne qui vit avec une déficience sensorielle, j’accepte que quelquefois les gens me collent des étiquettes et présument de ce que je peux et ne peux pas faire. Mais après avoir longuement réfléchi et avoir pris honnêtement conscience de qui je suis, ma perception de moi demeure intacte, je ne me sens pas diminuée.
  • J’ai eu énormément de difficultés à accepter la vulnérabilité. Depuis quelques années, j’utilise une canne de mobilité et cela rend ma perte de vision extrêmement visible. Je suis actuellement et je continuerai de suivre des cours de mobilité à INCA et je réalise que ce sont nos vulnérabilités qui nous rendent tous égaux comme êtres humains.
  • Rien n’est plus valorisant que de donner en retour, et à titre de mentor bénévole à INCA, j’ai le privilège d’aider des personnes qui viennent de perdre la vue. Cette interaction génère une véritable réciprocité et m’apporte énormément de satisfaction.
Je remercie la vie de m’avoir présenté diverses occasions opportunes et je remercie ma famille, mes amis, mes collègues et INCA pour tout le soutien qu’ils m’ont procuré. Je ne sais toujours pas où ce parcours me mènera, mais c’est avec énormément de curiosité que je l’emprunte.

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